Je suis sur le cul, Et Spiritus. Fractus.

Ambition fatale et cœur de foi.

Ambition fatale et cœur de foi.


Il est tard …
je rentre tard ce soir.

Ma petite princesse de feu est allongée sur le lit,
je l’embrasse doucement pour ne pas la réveiller,
Je me déshabille.
Elle se redresse, murmure, je l’entends a peine.
- T’étais où ? …j’ai eu peur.
Je m’approche pour mieux l’entendre
- Tu t’inquiétais pour moi ?
- Non, il y a eu de l’orage, alors, j’ai eu peur.

Elle se retourne, se rendormir sereinement.
Frustré, je l’observe.
Une jolie môme de trente-trois ans …
Vingt ans plus jeune que moi.

Une pousse qui sort à peine de terre, et pourtant …
Pas aussi con à suivre que des mouvements de lune.
Traitre, pire que le soleil d’hiver qui te branche
comme une pute, à travers une vitrine.
Elle a la poisse qui lui gronde dans le ventre.

Depuis six mois, on est de la même jungle, on s’accroche 
à la même liane, on pisse dans le même vers.
Fake, un puit d’amour filtré se creuse entre nous.


Il est six heures quand le réveil sonne. Je me dépêche de l’éteindre
pour ne pas la réveiller. Je n’ose même pas bouger.
Elle a sa tête posée sur mon épaule, et sa main plantée sur ma poitrine.

Je l’ai là, contre moi, je résiste.
Et sur ma peau qui brule, qu’elle me manque …
Je me résigne.
Je la pousse, c’est insupportable, j’ai envie de pisser et 
je bande en même temps. 

Arrivé au rdc, je découvre son mot.

- « oranges pressées et chocolat chaud,
je veux des crêpes s'il te plait mon p’tit papa chéri».

« Et s'il te plait mon p’tit papa chéri » …

… Ma p’tite conne, mais si tu savais comme je déteste les faire
tes crêpes.

Je vais pisser et à contrecœur, lui prépare ses crêpes.
Je dresse la table, et je l’attends.
Une heure passe, peut-être moins, ou plus.
Je ne sais pas, je perds le temps, c’est long.
Je me décide, je monte prendre une douche.
Je fais le moins de bruit possible.
Elle est toujours là, étendue nue sur le lit, C’est mon lit ...

Redescendu dans la cuisine, je me sers mon café.
Mais quelle fainéante, impatience … Je râle.
Volontairement, je fais du bruit, et me met à gueuler.

-Debouttttt !!!!

Elle arrive quelques minutes plus tard, la mine défaite.
Le visage crevé, elle porte une de mes chemises sur le dos, 
une culotte blanche sur le cul.
Elle s’installe sur sa chaise, pas un regard,
pas un bonjour, rien. Elle se piège la tête entre les mains.

Je suis en colère mais je prends sur moi, je m’en veux de l’avoir 
réveillée.
Je lui verse son jus d’orange, fais chauffer son cacao.

-Regarde, papa t’as fait de bonnes crêpes, t’es contente au moins ?

Sans bouger elle me répond.

- J’ai pas faim, j’ai mal dormi.

- Mais putain cette gamine, tu veux me gaver,
c’est ça? !!!!, C’est toi qui m’a demandé de les faire, non ?

- Oui, hier soir j’avais envie, pas ce matin.

- Tu sais bien, que je déteste faire des crêpes, 
ça me prend une plombe, je les ai faites pour toi.

- Oui, moi non plus j’aime pas, et je ne fais pas, mais je râle pas, 
toi tu fais, tu râles. De toute façon j’aime pas tes crêpes, mais alors
je déteste plus encore  la foudre …  Mon p'tit papa lapin d’amour.

Elle hausse les épaules, sourit, et boit son chocolat, avant de s’effacer.
Je rage, je balance son assiette à terre, … et c’est injuste, pas un bruit 
de casse, du plastique, même ça, je peux pas l’éclater.

En revenant, elle pose ses pieds devant ses crêpes, elle est toujours 
aussi calme, moi, toujours aussi tendu.

Les mains dans le dos, elle me regarde la tête baissée.
Le sourire de Salo, elle pue la merde.

Petite Insolente, elle se lèche le doigt, pour dessiner de fausses  
larmes sur ses joues, redresse ensuite son joli petit minois, 
ses yeux malicieux plantés dans les miens.

- Ne sois pas fâché s’il te plait, papa trésor, J’étais pressée, 
j'ai pas fait exprès, et … tellement ..., alors ...et …

Elle s’approche, me prend la main, pour la glisser entres ses cuisses.

- … j’ai fait caca, Je l’ai fait dans ma culotte ... pardonne moi ...

Je sens la matière au travers du tissus souillé, elle fait un 
pas en arrière, décolle la dentelle embourbée dans la mélasse, 
la laissant lourdement tomber sur le carrelage avec 
un bruit mat. 
Je renifle ma main, et je l’observe.
Elle m’a pris par le cœur pour me laminer les couilles.
J’ai honte et Je claque des pattes.
Alice les mains crasseuses et lapin terreux. 
Je sens le vent tourner.
Elle Piétine dans son propre cac.

-Bordel de merdeeee un peu d’élégance dans la matière !

Les Pieds dans la boue,
mignonne et sordide à la foi,
elle est la forme et la profondeur.
Objet du déclin, Sage comme maudite,
elle s’accroupit, pousse sur ma crêpe comme elle médite,
pour m’y faire sa p’tite crotte poursuite.
Rebelle tout autant que je le suis,
quand ma propre queue, en traitre, me pisse la sérénade,
je m’écrase dans le pétrin, en piteux éclat,
pour flatter cet arrière train qui freine à nous salir.

Qu’est ce qui est plus rare encore que chaine de vie ?
Le fil d’Ariane de ma foi, déchets de vie, sur le même réseau, 
nœud coulant serré.
Moi qui pourrais me tordre le cou face à ce lien tendu. 
Descente vertigineuse, 
Qu’on éclate, là, entre makak,
loin des Lanternes de l’asphalte.

Sur son pieu de foi, pour y singer la mort,
les mains croisées, posées sur sa poitrine, c'est son
sexe qui danse sous de folles apparences de martyr.
Elle tire à la pause, elle joue à la garce de licorne.
Puissant décor qui s'incline au langage de l’amertume,
mes yeux ont pris la couleur de la rouille.
Odeur provocatrice, mon nez se torche aux remontées acides.

Je prends son pied et je le mange,
je lui recrache dessus, ce délicieux poison, 
acre, violant les papilles.
Je me laisse pendre entre ses jambes et
m’encrasse entre ses fesses.

Je rampe comme un chien, lui enserre le ventre.
Je m’accroche à ne pas perdre nos corps.
Ses yeux soudés, sans autre manière de vivre,
sous sa poitrine, seuls ses grands airs,
provoquent la racine de mon nerf.

Ma queue pique à la romance d'une pomme de terre. 
Souillé jusqu'aux dents, j'ai Scan et croc!  
Ombre dans son noir.  
J’ai les yeux qui transpercent,
ça me troue les paupières.
Embryon dément, je ne rampe plus qu’au flair,
à l’instinct, je renifle de l’être.
Ça nous charme la peau, ça blaire.  
Gouachée, elle m'enterre,
ça pue, je la sens, la pierre, je peux plus trainer.

Je la bourre dans sa propre terre.
En braise, je voudrais m'y enfermer.
J’ai envie de l’atteindre, j’ai la queue en flamme.
Noyé dans le cambouis, je tape dans le fond de cale.
Je ne peux plus l'attendre,
je pourrais ...

Le piège … qu'elle est délicate ...

J’ai envie de l'exploser ! 
J’ai envie de la briser.
Lui transpercer le cœur avec ma bite.
J’ai envie de lui bouffer ses tripes.
J’oublie mon cœur, Je retiens son corps.
Sauvage quand ma queue frappe à sa porte, 
brutale quand elle soulève sa frêle carcasse,
elle se répand sur des cris puisés du fond de notre crasse.
Pour m’éjecter aussi fraichement qu’une chiasse.

Cramée et à jour,
de sa main et pour ma cause, 
c’est sur ce fatum que ma queue d’argile,
expie toute une fuite, exhibée sur ce cœur fragile.

Indigne ?

Les genoux au sol.
Indécent et sans aucune retenue, le brouillard se déchire, laissant 
place à la médiocrité.
Tournés au manège, On en garde la nausée ... j’ai la gerbe. 

Honoré Malika.



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