Je suis sur le cul, Et Spiritus. Fractus.

Le rêve.

Le rêve.


D’une âme déchaînée, immergée dans un corps enchaîné,
Misérablement desséchée,
"Elle" se retrouve désenchantée, quand "Elle" sort de l’œuf.
Figé entre deux pierres,
Un têtard Remuant maladroitement la queue, sur le fond d'une rivière.

... En pleurs, en cris, gémissement de la honte,
Nous portons le mélange sur le même fil "d'O".
Possédés par des odeurs infâmes et étrangères,
Hantés, nous ne pouvons y échapper.
Créations, elles même empreintes particulières,
Diversité, ou quand le "délire" prend toute sa forme...

Possesseurs, Envahisseurs, un vol d’histoire,
Criant de leurs chairs leurs pleurs,
Traversée de la résistance,
Du pillage et du viol de Mes Maîtres penseurs,
Spectres de mes ennemis, les plus influents,
Je jouis, par-dessus leurs poussières.

Exigeant, n'est pas capricieux.
Les caprices aux Seigneurs.
Seuls les hommes peuvent être exigeants,
Par besoins, par envies, ou par désirs...
A défaut d’être un dieu, je reste un homme, sans foi ni loi.
Des conteneurs qui s’entrechoquent,
Je suis comme "faite", sur la dérive.
Je me peaufine.
Je me profile à la vapeur "d'eau".
Des états d’âmes ???
Le silence !

Des années, que Je compte, dans un demi-sommeil les moutons.
Il en passe, généralement des boiteux, des aveugles et des sourds.
J'en ai même vu passer, épatant de mise en scène, couronne sur 
la tête.
Ils semblaient, plus tard, s'être endormis sur un tapis de ronces.
La laine sale, tachée de sang, et le cul mortifié.
Ils m'auront tous donné des leçons.
Sans aucune solution, à proprement buvable.



Deux heures que Je traîne mes talons sur le pavé, J'ai chaud.
Jourga Stanton, ma chienne, peine à me suivre. Je la tire.
Je me dépêche de traverser la place, pour m'asseoir sur les marches
de la mairie. Cette mairie, qui trente-trois ans plutôt, m’avait
" perchée ", ici-bas, au Père Tremblé.
Je décroche la laisse de Stanton, lui retire sa laine, et lui ordonne,
d’aller vite me chercher à boire.
J'ai chaud.
Tellement, que je voudrais crever de froid, au sommet de l’Himalaya.
Crevée, saoulée par des pèlerins qui me débiteraient leur 
pisse spirituelle, sortie tout droit de leurs 360 jour de branle.

Je me demande ce qu'elle fout.
Il y a de plus en plus de monde sur cette foutue place.
Je déteste la foule.
Cette foule qui couche autant d’anomalies qu'il y a de têtes,
autant de splendeurs, qu'il y a de corps.
Je hais ce soleil qui éclaire aussi fièrement tant de misère.
Gâchis, la société a une odeur de cramé, plus même un pigeon, 
ne s’y aventure.

Quelques minutes plus tard, Stanton revient, exhibant un large sourire.
Faux cul, elle s’est prise le temps de s'hydrater, sur celui, 
que je perds, ici, à crever.
Sans lui laisser le temps de se cambrer, Je lui balance une gifle,
elle me baise la main. Toujours, ce sourire satisfait, écœurant, 
un air perfide vient s’y greffer.
Je la repousse du pied, Je la trouve répugnante … dégueulasse.

En même temps que mon flair, se sent agressé, Je vois s’approcher 
deux ombres.
Comme un vent frais d’hiver, venu de loin, pour se jeter sur Moi.
Ils me réclament mon permis d'ESCL. Ce ne sont pas des pèlerins.
Ceux-ci, servent le grand tribunal de la Justice, et de la Moralité.

Je fouille dans mon sac, leurs sors ces vieux papiers, mais les forces 
des bonnes mœurs sont déterminées.
Je les sens décidés à me faire chier.
Ils sont deux.

A droite, posté légèrement en retrait, l’examinateur.
Bâtard immobile, muet, rondouillard. Il porte sa grasse gueule de fœtus
immature, qui ne sert que de matière au placenta, blason de l’ordre.
L’autre, le contrôleur, Me fait remarquer, que mon esclave n’est pas
tenu en laisse …
Conards … soit …
J'aurais mieux fait d’emmener ma chienne pisser dans un jardin public.

En lisant la fiche de Jourga, le petit nerveux, adopte son air suspicieux.
Il tient la même gueule, que celle du père.

- Sujet Jourga,
- 1m98,
- 89 kg, mâle de race Blanche, propriété d'Evret Sans chaise.

En colère, je me lève, à quelques centimètres de lui sur la première 
marche de la mairie. 
Je M’aperçois alors, que la foule s’approche, comme une grosse masse
curieuse, aux multiples visages crasseux.
J’observe le contrôleur.
Il est devant moi.
Impressionnée par sa stature, je baisse les yeux.
Timidement, emprise par ma rage, je lève les yeux.
Je le coupe, je lui fais remarquer que cela ne se prononce pas Evret 
sans chaise, mais Everest Sanchez !!!

Il me bouscule, me jette à terre !
Me lance qu’une chose, comme Moi, n’est qu’un faux.
Séquelles d’un accident sociétal, squelettes d’idées poussiéreuses...  
Et priée de se taire !
Violence et intolérance sont risques de contamination.

Marrez-vous …

J’entends les gens crier, victimes de mon impudence.
La mairie … l’église, en face, les flics.
Le père m’appelle, sous tous ces regards, c’est Moi.
je suis sur le bûcher ... et si ce n’est le jour de mon mariage ...
plus qu'on ne me voit, Je brille...
J’ai les mains qui brûlent, je souffre, je suis une pute,
je suis en perte, Je suis bluffée, c'est injuste.
Je souffle... Je suis une sorcière … Je ris ...

Je voudrais n’être entourée, que d’aveugles, de sourds et de muets ...
Je ne suis plus qu'une coupable, parmi les moutons.

-Bhééééééééééé

Ils veulent tous me bouffer. Ces yeux avares,
Ils ont pris la couleur du sang.
Anthropophages remplis d’espoirs. 
Vendus, pour de pauvres rêves, communs à tout mortels 
étiquetés sauvagement...  À la bourre et à sec !
Ils se pansent sous couvert d'histoires.

Honoré Malika.

One Reply to “Le rêve.”

  1. SirLugus

    Superbe écriture.

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